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Rue Dollfus





HISTORIQUE
1854 : Rue Rue Dollfus (décret impérial 18.12.1854)
1882 : Dollfus Strasse
1919 : Rue Dollfus
1940 : Schubert Strasse
1944 : Rue Dollfus
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Parallèles de part et d'autre de la rue de Strasbourg (qui deviendra en 1855 la rue Napoléon), les rues Dollflus et Koechlin ont été dénommées par le même décret impérial, pris par Napoléon III pour honorer les deux familles de grands industriels mulhousiens. L'Empereur marque ainsi son intérêt pour les réalisations mulhousiennes en matière économique et sociale.

Le premier représentant mulhousien de cette dynastie d’industriels et d'hommes politiques est Gaspard Dollfus.
Venu de Rheinfelden en Suisse, il s‘établit dans la République de Mülhausen en 1554 comme forgeron et coutelier.
De cette famille de notables, on trouve entre le XVI" siècle et 1798 (année de la Réunion de la République à la France), six bourgmestres de la famille Dollfus. D’autres bien plus nombreux encore peuplent le Conseil de la République ou dirigent l'une des corporations.

Après la Réunion, on trouve encore six Dollfus comme maires de Mulhouse. Raymond Oberlé relève dans le « Nouveau Dictionnaire de Biographies Alsaciennes » vingt et un Dollfus au passé remarquable.
Le premier bourgmestre de la famille est Gaspard Dollfus (1570-1634), un habile diplomate secondé par le remarquable greffier-syndic Jacques Henric-Petri. Il acquiert en particulier après son mariage avec la riche veuve Ursule Schlosser, la cour des Wunenberg, future cour de Lorraine.
Parmi les autres bourgmestres ïmportants, citons Jean-Gaspard Dollfus (1607-1690), Jean Dollfus (1729-1800), Jean-Henri Dollfus (1731-1804). Ce dernier est bourgmestre de Mulhouse. conseiller et chevalier de l’ordre de Saint-Philippe, anobli par le duc de Schleswig-Holstein en 1776.

Les Dollfus dirigent la ville à quatre reprises au XIXè siècle :
- Jean-Henri Dollfus (1755-1825) est maire de 1814 à 1815
- Jean-Henri Dollfus (1774-1846) de 1821 a 1825
- Charles Emile Dollfus (1805-1858) de 1843 à 1849
- Jean Dollftns (1800-1888) de 1863 à 1869

Ils siègent également au Parlement, avec d'abord Charles-Emile Dollfus (1805-1858) puis Jean Dollfus (1800-1888), élu au Reichstag comme député protestataire. Ce membre de la Ligue de la Paix, francophile, qui a permis l'installation de nombreux Alsaciens en Algérie, est réélu à trois reprises.

La famille Dollfus est alliée à de très nombreuses autres grandes familles : les Ausset, les Bernoulli de Bâle, les Bourcard, les Risler, les Koechlin : Ursule, fille de Daniel DolIfus-Mieg (1769-1818), épouse André Koechlin (voir rue André Koechlin-Dollfus), fondateur de André Koechlin et Cie (future SACM).

La famille est réputée pour ses talents économiques partagés par l'ensemble de la dynastie. Le fondateur de la lignée des entrepreneurs est Jean-Henri Dollfus (1721-1802), créateur avec ses trois associés de l'industrie textile en 1746 sous le nom de Koechlin. Schmalzer et Cie. Peintre et manufacturier, il ouvre une fabrique de rubans a Dornach dès 1756, puis en 1786 l'entreprise d'impression la plus prospère de Mulhouse : Dollfus Père Fils et Cie dans la Cour de Lorraine où il emploie le célèbre peintre de fleurs Malaine. Il est également l‘un des créateurs de la fabrique de papiers peints de Mulhouse.

Les générations Dolllus au service de l'entreprise Dollfus-Mieg et Cie furent nombreuses : on retiendra d'abord Jean Dollfus (1729-1800), instigateur de DMC, introducteur de l'emploi de la houille de Ronchamp à Mulhouse (1787).

Daniel Dollfus-Mieg (1769-1818) fondateur de DMC en 1800, introduit une première mécanisation grâce a une machine à vapeur (1812) et acquiert les houillères de Ronchamp. On note également le coloriste et chimiste Daniel Dollfus-Ausset (1797-1870), Charles-Emile Dollfus (1805-1858), introducteur de la fabrication des fils à coudre en 1841 et bien entendu Jean Dollfus (1800-1888), l'homme des fils DMC et initiateur du traité de libre-échange avec la puissante Angleterre.

Parmi les générations plus proches, on relève l'action déterminante de Jean-Daniel Dolllus (1823-1860), réputé pour ses compétences de chimiste et Gustave Dollfus (1829-1905), salué comme un mécanicien.

Divers Dolllus s'investissent dans la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques (SACM), comme Emile Dollfus (1862-1945) ou Jean Dollfus (1899- 1985), directeur général de l'établissement (1929-1964), administrateur puis président.

Les Dollfus brillent également au dehors de la République de Mulhouse. Pierre Dollfus (1718-1826) acquiert une manufacture de toiles peintes en 1770 à Wesserling, ouvre une seconde fabrique a Villefranche sur Saône, bientôt manufacture royale et permet l'essor de Thann où il installe la troisième plus importante fabrique d'Alsace dans la propriété rachetée en 1785 à Duhamel de Gauchy. Il achète également le château de la Neuenburg du prince-abbé de Murbach à Guebwiller et fonde dans cette dernière ville une manufacture de toiles peintes.

Parmi les ingénieurs remarquables dont la célébrité est internationale, on relève Jean-Gaspard Dollfus (1812-1889). ingénieur, constructeur de filatures en Allemagne, d'usines a gaz et surtout de divers ponts, dont celui de l'Aar à Aarau. du viaduc de la Sitter. près de Saint-Gall et enfin précurseur de l'industrie chimique bâloise.

Quatre Dolllus figurent comme fondateurs de la SIM : c'est le cas plus particulièrement de Daniel Dollfus-Ausset et de Charles-Emile Dollfus qui en fut le président à 23 ans et occupa cette charge pendant 24 ans. On relève également l'action décisive a la tête de cette société de Jean-Daniel Dollfus (1823-1860), président de la SlM en 1811 et créateur du Comité d'Histoire, de la Commission du Musée et du Comité de Statistiques et des investissements dans les comités de la SIM. Auguste Dollfus (1832-1911) est également président de la SIM durant 47 ans (1864-1911). Ce dernier permet a la SIM d'être l'instigatrice de l'École de Dessin, du Musée des Beaux-Arts et du Musée Technologique.

Parmi les politiques sociales conduites par les Dollfus au service de Mulhouse on relève les avancées notables en matière d'éducation. Daniel Dollfus-Ausset développe les cours du soir pour ouvriers, s'investit dans l'ouverture de l'École de dessin et l'alphabétisation des orphelins. Ami de Jean Macé, il finance l'œuvre de l'illustre pédagogue.

On retient également Gustave Dollfus, à l'origine de l'Ecole de tissage (1861) et de l'École de filature (1864).
On relève encore les noms de Jean Dollfus (1800-1888) dont l'empreinte demeure encore vivante sur Mulhouse. Après avoir fait construire en 1853 quatre maisons modèles sur ses terrains de Dornach, il constitue la Société Mulhousienne des Cités Ouvrières (SOMCO), soulage la misère par le Restaurant Populaire, les boulangeries ouvrières, l'asile des voyageurs. On lui doit également d'être l'instigateur de l'Association des femmes en couches, d'avoir constitué la Bibliothèque populaire, d'avoir financé les associations de ses amis Jean Macé et Henri Dunant, d'avoir développé le Geisbuhl, c'est-à-dire l'Asile des Vieillards et la fondation Jean Dollfus qui existe encore aujourd'hui. Il donne également les parcelles nécessaires à la construction de l'église catholique Saint-Joseph.

Charles-Emile Dollfus est lui aussi un bâtisseur. Il construit la caserne d'infanterie, finance le creusement du canal de décharge des eaux d'inondation de l'Ill et la restauration de l'Hôtel de Ville.

Gustave Dollfus finance en grande partie la construction de l'hôpital du Hasenrain et crée le Musée des Arts décoratifs. Il est le promoteur de la restauration des vitraux du temple Saint-Etienne. Enfin. Emile Dollfus incarne un double souci : permettre le retour de Mulhouse à la France après la Première Guerre mondiale et développer le régime de protection sociale, en particulier les consultations médicales. Président du dispensaire antituberculeux, de la fondation Lalance et de Union Home, il préside de multiples instances économiques.

Parmi les artistes et savants nombreux de la famille, on peut également citer le miniaturiste et photographe Josué Dollfus (1796-1887), le chimiste et glaciologue Daniel Dollfus-Ausset (1797-1870), Charles Dollfus (1827-1913), avocat et homme de lettres à l'origine de la fondation de la Revue germanique (1858) et collaborateur du Temps. Quant à Gustave Dolllus, il se passionne pour l'agronomie et permet l'essor de la viticulture alsacienne.

La rue Dollfus est devenue la « Schubert Strasse » en 1940, s'ajoutant à la liste des autres compositeurs honorés ainsi par le régime nazi : Beethoven (rue Roppe), Mozart (rue Pasteur) et Wagner (avenue Auguste Wicky).
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DOLLFUS Chapelle
Chapelle Dollfus
au cimetière de Mulhouse