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Place de la Réunion





HISTORIQUE
Avant 1559 : Cimetière clôturé
Avant 1798 : Place du Marché ou Stephans Platz
1798 : Place de la Réunion
1815 : Reunions Platz, Stephans Platz
1843 : Place de la Réunion
1882 : Rathaus Platz
1919 : Place de la Réunion
1940 : Adolf Hitler Platz
1944 : Place de la Réunion
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Centre de la vie politique, religieuse et économique de la cité, le « Stephanplatz » porte le nom du temple Saint-Etienne jusqu’en 1798. Celui-ci est bâti sur le site de l'ancienne église paroissiale Saint-Etienne, dont les premières fondations datent très probablement du Xè siècle, d’après les fouilles archéologiques de 1991, dont on peut voir le marquage au sol, à côté des marches du temple.
Autour de l'église était installé le cimetière, qui sera transféré en 1559 à côté de l'église Sainte-Marie, où il restera jusqu'en 1803.

L'église est devenue temple lors du passage de Mulhouse à la Réforme entre 1523 et 1529. Elément déterminant de la vie religieuse et politique mulhousienne jusqu'en 1797, il constituait le lieu de prestation annuelle du serment de la bourgeoisie et des membres du Conseil (« Schwörtag »).
Le bâtiment surmonté d'un clocher à bulbe, tour de guet pour les incendies, est détruit en 1859 : il possédait une tour et une nef romanes datées des XIè et XIIè siècles ; le chevet est agrandi vers l'est au XlVè siècle. Une nécropole de 220 sépultures disposées autour de l'édifice, a également été dégagée en 1991.

La construction du temple actuel débute en août 1859. De style néo-gothique, conçu par l'architecte municipal Jean-Baptiste Schacre. Son orientation va lui permettre de cohabiter avec son prédécesseur jusqu'à l'été 1868.
Les vitraux du XlV“ siècle ont été intégrés au bâtiment en 1905 et classés Monuments historiques en 1922 ; le temple est classé à l'inventaire supplémentaire de 1995.
Une restauration complète du temple a été commencée en 2009; le chantier durera une douzaine d'année.

Pourquoi Mulhouse se réunit à la France en 1798 ?
En 1648, lorsque Louis XlV a rattaché l’Alsace à la France, Mulhouse est restée indépendante. Enclave étrangère en territoire français, la petite république, alliée aux cantons suisses, est un centre économique faisant commerce de ses productions artisanales, agricoles et vinicoles. Depuis 1746, l'impression des indiennes prospère et les étoffes mulhousiennes connaissent un succès grandissant.
Prohibé en France.le commerce des indiennes est possible ici, en « terre étrangère » : le Conseil mulhousien avait
en effet obtenu du roi de France le droit d'exporter ses tissus imprimés.

En 1789, la Révolution remet cet accord en cause et le Conseil général du Haut-Rhin établit en 1792 une barrière douanière autour de Mulhouse. Trois courants vont alors s'additionner pour s'orienter vers le rapprochement avec la France :
- d'une part, le courant idéologique, porté par une partie des élites dirigeantes mulhousiennes, qui retrouvent dans les thèmes révolutionnaires leurs aspirations républicaines
- d'autre part, le courant économique, porté par les milieux d'affaires qui subissent les inconvénients de l'indépendance territoriale de Mulhouse
- enfin, du côté des révolutionnaires, la présence de cette enclave étrangère en terre française leur parait incompatible avec les principes d'une république une et indivisible, Mulhouse étant de surcroît considérée comme concurrente des grandes manufactures nationales.

Trois années de tractations vont être nécessaires pour aboutir au traité de Réunion qui est signé solennellement le 15 mars 1798. Soixante coups de canon saluent l'événement, hâtant la venue au monde de Henriette Reber, première mulhousienne née française (voir rue Henriette).

La Place de la Réunion constitue depuis le Moyen-Age le centre économique de la cité, avec ses marchés hebdomadaires du mardi et ses quatre foires annuelles. Les échoppes des marchands sont adossées au temple Saint-Etienne, comme le montre une photographie prise par Adolphe Braun en 1858. La halle des marchands (« Kaufhaus ») est mentionnée sur la place dès 1266 à l'emplacement actuel de l'Hôtel de Ville ; transférée derrière le « Rathaus » en construction en 1431, il centralise et contrôle les transactions commerciales.
L'Hôtel de Ville est bâti sur la place dans l'axe de la rue Mercière : le premier édifice de 1431 est ravagé par uln incendie en janvier 1551. Il abrite la salle de délibérations du Conseil et les services municipaux. Les archives, en partie détruites dans l'incendie sont reconstituées dès 1552. Leur lieu de conservation actuel (jusqu'en septembre 2007) se trouve derrière l'Hôtel de Ville, au premier étage. Le bureau de l'archiviste renferme également l'ancien caveau ou trésor municipal.
Le nouveau bâtiment, construit en 1552-53, est l'oeuvre du Bâlois Michael Lynthumer et la décoration entreprise par le peintre Bockstorffer de Constance. La façade est restaurée en 1698 par le Mulhousien Johannes Gabriel. il ajoute des figures allégoriques peintes en trompe-l'oeil et les armoiries des cantons suisses, alliés de la ville.
Restauré plusieurs fois depuis le XVlllè siècle, le bâtiment est partiellement classé à l'inventaire des Monuments Historiques en 1961. Il abrite les collections du Musée Historique depuis 1969 et les séances du Conseil municipal se déroulent toujours dans cet édifice, témoin de la Renaissance rhénane.

La place dispose d’un ensemble de maisons caractérisées par la largeur de leur façade (5,50 m ou un multiple de cette mesure), témoignage de l'ancien lotissement médiéval. Le bâtiment n°1, à l’angle de la place avec la rue Guillaume Tell, est cité dès 1549 : il a appartenu au pharmacien et imprimeur Johannes Risler qui y installa une librairie vers 1797.
Le n°3, « zum Tiergarten » (à la garenne), est mentionné en 1479. Le n°7 résulte du regroupement de deux maisons, permettant à la tribu des Tailleurs (regroupement de corps de métiers le plus puissant de la ville), d’agrandir son lieu de réunion en 1563. Ceci explique la paire de ciseaux, symbole de la tribu, présente sur la façade du bâtiment.

Le n°11, surnommé « Maison Mieg » par les Mulhousiens, est construit à la fin du XVè siècle sur l'emplacement d’une ancienne cour noble, puis transformé en hostellerie « zur Sonne » (au Soleil) jusqu’en 1535.
En 1636, son propriétaire Louis Witz fait élever la tourelle et y appose ses armes. Occupée par plusieurs grandes familles bourgeoises de la cité, la maison devient propriété de la famille Mieg, de 1694 à 1840.
En 1799, Matheus Mieg, dit « Le Chroniqueur », fait repeindre la façade avec des fresques de sa composition consacrées à des épisodes de l'histoire suisse.

Le n°37 dit « Maison au Lys », est un regroupement de deux bâtiments situés à l’angle de la place avec la rue des Boulangers. Mentionné dès 1464, l'édifice est transformé en 1634 et porte les initiales de son propriétaire Heinrich Risler et de son épouse Catharina Hartmann, sur les linteaux des deux façades. L'immeuble de style Renaissance tardive, est orné de fenêtres à meneaux ; la façade côté rue des Boulangers, reprend la largeur médiévale traditionnelle. En 1649, l’apothicaire Johann Heinrich Engelmann rachète le bâtiment et y installe son officine.
Depuis cette date, la « Maison au Lys » a toujours abrité une pharmacie, qui est la plus ancienne d’Alsace depuis la cessation d’activité de la pharmacie « au Cerf » de Strasbourg. Ses plafonds peints datés de la seconde moitié du XVIIè siècle, ont été recouverts d’un faux plafond au XVIIIè siècle et dégagés dans un excellent état de conservation, lors de travaux en 1946. Le mobilier de l'officine, d'époque Charles X, est également très bien conservé. Seul bâtiment à l’allure plus récente, l’imposant immeuble au n°25 a été construit en 1903 pour accueillir le « Louvre alsacien », puis le magasin d'ameublement Grollimund.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la place est dédiée par les autorités allemandes à Adolf Hitler. Après avoir été utilisée comme lieu de stationnement pour les voitures depuis 1955, la place de la Réunion redevient piétonne en décembre 1992 ; à cette occasion est installée la nouvelle fontaine, qui se veut une représentation du « Stockbrunnen » (fontaine à colonne) des villes alémaniques. L'originale a été érigée devant la maison de la tribu des Tailleurs en 1572, vingt ans après la reconstruction de l’Hôtel de Ville. Détruite au moment de la Réunion, un arbre de la liberté y est symboliquement planté. Le hallebardier a pour modèle une armure du Musée Historique, datant du XVIè siècle : il a été installé sur la fontaine en décembre I993.

En septembre 1580, Michel de Montaigne visite Mulhouse lors d‘un voyage qui doit le mener en Italie via la Suisse ; en passant par la place Saint-Etienne, il remarque l’Hôtel de Ville, « un palais magnifique et tout doré ». Il ira également voir le temple et séjournera à l'hôtellerie du Raisin.
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Place de la réunion Mulhouse