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Rue de Strasbourg





HISTORIQUE
1855 : Rue Napoléon (Archives Municipales)
1858 : Rue Napoléon (décret impérial du 16.01.1858)
1882 : Strassburger Strasse
1919 : Rue de Strasbourg
1940 : Strassburger Strasse
1944 : Rue de Strasbourg
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La rue de Strasbourg est l'artère centrale de la Cité ouvrière. qu'elle traverse de part en part, de l'avenue de Colmar à la rue de Pfastatt. Ouverte en 1855, elle s'appelait à Forigine rue Napoléon, dénomination concrétisée par un décret impérial en I858. Durant la période allemande en 1882, les noms français sont en général traduits. mais en l'occurrence, le maintien du nom de Napoléon n'était pas possible pour d'évidentes raisons. C'est donc Strasbourg, capitale du Reichsland qui a été choisie pour cette rue emblématique de la Cité.

La rue de Strasbourg croise en son milieu le Canal de décharge des eaux de l’Ill, creusé en 1846. C'est au droit du pont de Strasbourg que la Halle au Marché du Canal couvert a été édifiée en 1908.

Au n°91 s'élève l'église catholique Saint-Joseph. Dès 1869, le chanoine Winterer (voir ce nom) pose la question de la construction d'un lieu de culte pour la population de la cité, essentiellement catholique. Cette demande est d'abord repoussée par la Ville en raison de la crise industrielle et de la guerre de 1870. En 1877, Jean Dollfus, alors député au Reichstag (parlement allemand), fait don d’un terrain à condition d'y réaliser des constructions en moins de deux ans pour une somme plafonnée à 120 000 Francs or.
Le 29 novembre de la même année, trois ouvriers (Georges Notheber, Joseph Roos et Grégoire Walter) remettent au maire Jean Mieg-Koechlin une pétition signée en un seul jour par 2 012 chefs de famille. plaidant en faveur de l'urgence de la construction. En avril 1879, la municipalité choisit parmi les plans proposés celui de l’architecte mulhousien Jules Scherr. L'entrepreneur Burtschell débute les travaux en juillet 1880 ; la bénédiction de la première pierre a lieu en 1881 et l'église est achevée en 1883 après de sérieux ennuis dus au fait qu'un pilier de la tour a cédé (1881) et à des pluies torrentielles (1882).

L'église, de style néo-roman, orientée vers le Nord, resserrée entre deux rues, est courte et large. C'est un édifice original à structure métallique, caractéristique de l'époque (la tour Eiffel date de 1889), avec d'immenses tribunes. Les piliers en fonte. visibles a l'intérieur. sont sortis des ateliers mulhousiens Petit. Selon la légende, les ouvriers du quartier n'en étaient pas particulièrement enchantés car cette structure métallique leur rappelait le dimanche à la messe leurs difficiles conditions de travail dans les usines.
Le mobilier de l'église est adapté au métal. Les peintures sont l'œuvre de Caroline Sorg et ont été rénovées en 1932 par Joseph Ehrismann de Mutzig. En même temps,la partie avant des tribunes a été enlevée pour créer un semblant de transept. Le Chanoine Cetty a exercé l'essentiel de son apostolat dans cette église (voir ce nom).

Le célèbre poète mulhousien Auguste Lustig (1840-1895) habitait au n°40 rue de Strasbourg (voir ce nom). Au n°47 était installé le Cinéma populaire de la Société Nouvelle des Cinémas de l’Est, appelé « Cité Kucha ».
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La Cité Ouvrière de Mulhouse

C'est en 1853 qu'a été fondée, à l'initiative de Jean Dollfus et sous le patronage de la Société Industrielle, la Société Mulhousienne des Cités Ouvrières (SOMCO). Elle avait pour vocation de réaliser des logements décents pour les ouvriers travaillant dans les usines mulhousiennes et le plus souvent logés dans des conditions désastreuses ou contraints à de
longs déplacements depuis les villages environnants.

Le projet tirait son origine d'un rapport présenté en 1852 par le Docteur Achille Penot (voir ce nom) au comité d'économie sociale de la SIM, inspiré par les expériences anglaises des premiers cottages pour ouvriers, présentés à l’Exposition universelle de Londres de 1851 à l'initiative du prince Albert de Saxe-Cobourg. Cette initiative a marqué Jean Zuber qui rapporta l’idée à Mulhouse dans le contexte des idées morales et hygiénistes de l'époque.

Jean Dollfus (voir ce nom) a été 1e premier président de la SOMCO. Il a choisi un jeune ingénieur issu de l'École Centrale des Arts et Manufactures de Paris, Emile Muller, pour être l'architecte de la cité ouvrière (à ne pas confondre avec son homonyme, le Maire Emile Muller). Il conçoit différents modèles d’habitations, des maisons en bande accolées, des maisons entre cour et jardin et plus tard le « carré mulhousien », regroupant quatre maisons avec jardinet au centre d'une parcelle.

Entre 1854 et 1895, la SOMCO construit 1240 maisons, dont la grande innovation est de permettre aux ouvriers d’accéder à la propriété. L'opération a débuté du côté de l’avenue de Colmar pour s'étendre au fil des années vers l'ouest jusqu'à la rue de Pfastatt, sur des terrains jadis régulièrement inondés et rendus constructibles grâce à l'aménagement, de 1846 à 1850, du canal de décharge des hautes eaux de l'Ill.

Napoléon III s'intéresse à l'opération et verse 300 000 Francs or sur sa caisse personnelle pour la réalisation de la voirie (c’est pour cette raison que l'axe central de la Cité a été dénommé rue Napoléon, avant de devenir rue de Strasbourg). Le prince Louis-Napoléon Bonaparte a écrit, avant son accession à la présidence de la République puis au trône impérial, « L'extinction du paupérisme », essai qui explique son intérêt pour l'expérience mulhousienne. La Cité de Mulhouse suscite beaucoup d’intérêt au point que Jean Dollfus fait construire une maison modèle pour l'exposition universelle de 1867.

Les concepteurs avaient non seulement voulu édifier des logements, mais avaient également prévu des équipements collectifs à vocation sociale et éducative. Sur l'actuelle place Adolphe May ont été érigés dès l'origine, des bains et lavoirs, suivis d'un restaurant, d'une boulangerie et d'une épicerie sous forme coopérative, la célèbre « Cité Kucha ». Dans la Nouvelle Cité, à l'ouest du canal, une salle d’asile pour enfants de 250 places est construite dès 1859 (actuelle école maternelle rue de Strasbourg) et des bains-lavoirs ont été créés en 1864 (rue des Abeilles). L‘ensemble de cette réalisation s’est faite d’une façon ordonnée. avec des rues et des passages perpendiculaires formant un maillage caractéristique.
Même si depuis l'origine, bien des modifications ont été apportées aux constructions, la Cité garde sa spécificité ; elle représente, avec ses jardinets arborés et ses ruelles étroites, un pan incontournable de l'histoire de Mulhouse.
Cite ouvrière mulhouse