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Points de repère mulhousiens



LA COUR DES CHAINES


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POINTS DE REPERE
La Cour des Chaînes (Kettenhof) sert d'écrin à l'hôtel particulier des Nobles de Tagolsheim du XVe siècle, transformé en manufacture en 1763.

Elle s’intercale entre plusieurs fleurons de réalisations manufacturières des XVIIIe et XIXe siècles, qui se sont succédés de façon ininterrompue sur le côté impair de la rue des Franciscains.


Le bel hôtel particulier apparaît déjà sur le plan Merian de 1642. On y remarque notamment le corps central et la tourelle. La topographie historique de Werner constate un défilé perpétuel de propriétaires.

En 1594, la parcelle appartient à un dénommé Blech, prévôt de Landser, qui a fait édifier la fameuse tourelle.


La première trace tangible d'une fonction manufacturière se situe

en avril 1767 : les fabricants d’indiennes Jean Schön, Pierre Hügeny

et Jean Zuber, en compagnie de Jean Steffan, sont redevables au chevalier

de Gohr pour une propriété limitée au fond par le mur d'enceinte, à l’avant

par la rue, sur la droite par Jean-Henri Dollfus (de la cour de Lorraine), sur la gauche par la tour de la Poudrière.


En novembre 1773, Paul Blech, Jean-Jacques Zurcher et Jean-Bernard Schön l'Aîné et sa femme, vendent la Cour des Chaînes au fabricant Jean-Michel Schwartz. Sur la gauche se trouvent les propriétés de Jacques Weis le Jeune et Jean-Jacques Schmaltzer, sur la droite toujours Jean-Henri Dollfus.

La Cour des Chaînes revient à la société Eck, Schwartz & Cie, pour y imprimer des toiles peintes, activité à l’origine du prodigieux essor industriel de la ville au XIXsiècle.


Les manufacturiers, à la recherche de grands espaces où installer les tables à imprimer, s’orientent souvent vers les anciennes demeures patriciennes de la ville haute pour installer leurs ateliers. Dans le cas présent, la présence de chaînes destinées à préserver l’espace situé devant la manufacture lui a donné son nom actuel.


Un inventaire des biens après décès de Jean Eck, du 15 septembre 1774, occupe pas moins de 110 pages du cahier 121 de la série Vlll des Archives municipales.


Vue de l’avant, la Cour des Chaînes paraît géométrique, en U ouvert vers la rue. En réalité, elle offre une forme trapézoïdale, les corps de bâtiments aussi, ce qui pourrait témoigner d’une construction sur plusieurs étapes.
L’aile droite offre le même vocabulaire architectural que le corps central avec ses baies à linteaux en arc surbaissé orné d’une clé. L’aile gauche, qui ne fait qu’effleurer par une arête le corps central, est percée côté rue du porche cocher. Le porche donne sur la cour et au fond, le mur médiéval et ses hourds.
d’après Pierre Fluck, « Secrets d’usines », 2011-2019

Face à la Cour des Chaînes (Kettenhof), la "Place des Grands hommes" est ornée de murs peints réalisés en 1992.
Ils présentent plusieurs personnages parmi les plus significatifs du panthéon mulhousien.
On peut y reconnaître Frédéric Ier de Hohenstaufen, dit Barberousse (1122 – 1190), à l’origine du développement de Mulhouse, mais également les trois co-fondateurs de la première manufacture d’impression sur étoffes Samuel Koechlin, Jean-Jacques Schmalzer et Jean-Henri Dollfus, Josué Hofer, le dernier greffier-syndic de la République de Mülhausen tenant dans ses bras Henriette Reber-Koechlin la première enfant née française en 1798, les industriels Jean Dollfus, André et Nicolas Koechlin.